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Nancy Mace a parié sa carrière sur les dossiers Epstein — Les électeurs de Caroline du Sud viennent de passer à la caisse

Nancy Mace a terminé 5e des primaires du gouverneur de Caroline du Sud avec 12,1 % après que Trump a soutenu sa rivale. Elle a abandonné son siège à la Chambre pour ce faire. Explications sur cet effondrement complet.

Publié le 10/06/2026

Nancy Mace a abandonné son siège au Congrès, a fait campagne sur la plateforme la plus visible au niveau national dans un groupe de cinq candidats, et a terminé cinquième de la primaire républicaine de son propre État — derrière un homme d’affaires autofinancé dont personne n’avait entendu parler il y a trois mois. Tel est le résultat. Elle a obtenu 57 332 voix, soit 12,1 %, dans une course qu’elle avait pourtant entamée en position de favorite.

La même femme qui était créditée de 24 % dans un sondage Stratus Intelligence en mars 2026, menant la course avec six points d’avance, a terminé la soirée électorale à la dernière place. C’est ce qui s’est passé entre mars et le 9 juin qui constitue la véritable histoire.

Ce que disent réellement les chiffres

La lieutenant-gouverneure Pamela Evette, soutenue par Trump, a mené le peloton républicain final avec 28,9 %. Le procureur général Alan Wilson est arrivé deuxième avec 26,2 %. Le représentant Ralph Norman s’est classé troisième avec 17,1 % et l’homme d’affaires Rom Reddy a obtenu 14,2 %. Mace a terminé cinquième avec 57 332 voix, soit 12,1 %.

Elle a perdu dans son propre comté de résidence. Elle a perdu son propre district congressionnel. Un sondage du groupe Trafalgar dans la dernière ligne droite l’avait déjà rétrogradée à la quatrième place, sous Norman. Au soir de l’élection, même cela s’est avéré trop généreux : Reddy, qui est entré tard dans la course en s’autofinançant, a récolté suffisamment de voix pour la faire descendre d’un échelon supplémentaire.

En vertu de la loi électorale de Caroline du Sud, les deux candidats arrivés en tête se qualifient pour un second tour le 23 juin. Evette et Wilson y participent désormais. Mace, elle, ne va nulle part, du moins dans l’immédiat. Elle a abandonné son siège à la Chambre pour briguer le poste de gouverneure, ce qui signifie qu’elle quitte cette course sans aucun mandat vers lequel se tourner.

Le soutien qu’elle n’a pas obtenu et pourquoi

Le 29 mai, Trump s’est exprimé sur les réseaux sociaux pour soutenir Evette, déclarant qu’elle « n’avait jamais faibli, ne l’avait jamais déçu, et était le seul candidat au poste de gouverneur de Caroline du Sud à l’avoir soutenu dès le lancement de sa campagne présidentielle de 2024 ». Ce simple message a de fait mis fin à la course pour tous ceux qui ne s’appelaient pas Evette ou Wilson.

L’explication de Mace concernant ce camouflet est directe : les dossiers Epstein. Elle faisait partie d’un petit groupe de républicains ayant signé une pétition de décharge pour forcer un vote de la Chambre sur la publication des dossiers d’enquête concernant Jeffrey Epstein, ce qui l’a opposée à Trump sur un sujet très médiatisé. Elle a confié à Politico qu’elle pensait que ce vote lui avait coûté le soutien de Trump. Ce dernier n’a pas contesté cette version.

L’ironie est double. Mace avait passé des années à reconstruire sa relation avec Trump après avoir dénoncé son rôle lors du 6 janvier, l’avait officiellement soutenu en janvier 2024, et au moment de son retour à la Maison-Blanche, elle affichait un bilan de conservatrice fervente et de fidèle alliée. Elle a même refusé de critiquer directement Trump pour les retards concernant Epstein, réservant ses piques à la procureure générale de l’époque, Pam Bondi. Rien de tout cela n’a suffi. Une seule pétition de décharge, et le soutien est allé à quelqu’un d’autre.

Elle soutient déjà Wilson contre le choix de Trump

Voici le détail qui passe inaperçu derrière les gros titres sur sa cinquième place : après avoir concédé sa défaite, Mace a immédiatement soutenu le procureur général Alan Wilson pour le second tour du 23 juin — le candidat qui se présente face à Evette, la favorite de Trump.

Ce n’est pas le geste de quelqu’un qui cherche à faire la paix avec le président. C’est le geste de quelqu’un qui a décidé que le vote sur les dossiers Epstein lui avait de toute façon tout coûté, que son influence s’était envolée et qu’elle ferait aussi bien d’agir par principe. Reste à savoir si ce calcul politique s’avérera payant. Le second tour a lieu le 23 juin.

Ses déclarations à sa sortie de piste

« Servir la Caroline du Sud a été le plus grand honneur de ma vie », a écrit Mace dans son message de concession. « Chaque vote que j’ai exprimé, chaque commission que j’ai convoquée, chaque combat que j’ai mené — c’était toujours pour vous. »

Elle a insisté sur le fait qu’elle ne regrettait pas son initiative sur l’affaire Epstein, présentant sa défaite comme le prix à payer pour une liberté de conscience plutôt que comme une erreur stratégique. Elle a probablement raison de penser que c’était le prix. Quant à savoir si cela en valait la peine, c’est une autre question, qu’elle aura tout le loisir de méditer puisqu’elle n’a plus de mandat électif pour y répondre.

La portée de cette affaire au-delà de la Caroline du Sud

Le résultat de Mace est une illustration parfaite d’un modèle à l’œuvre tout au long de ce cycle : en 2026, les primaires républicaines fonctionnent comme un test de loyauté noté par un seul examinateur. Ce résultat souligne le pouvoir intact du soutien de Trump dans les primaires républicaines et le risque politique encouru en cas de rupture sur des dossiers majeurs — même lorsque cette rupture concerne un sujet aussi politiquement sensible que les fichiers Epstein, dont une partie importante de la base MAGA réclamait pourtant la publication.

Mace a tenté de jouer sur les deux tableaux. Elle a soutenu la publication des dossiers parce que la base le réclamait, tout en refusant de s’en prendre à Trump pour les retards accumulés. Cela n’a servi à rien. La logique du soutien présidentiel est binaire : soit vous êtes le premier allié, soit vous terminez cinquième de la primaire de votre propre État, en déclarant aux journalistes que vous ne regrettez rien tout en pliant bagage.


À propos de l’auteur

Votre cousin de 38 ans qui couvre la politique locale pour un journal régional que personne ne lit et qui apporte sa carte électorale plastifiée à chaque réunion de famille.

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